Dévitalisation dentaire : STOP !

Dr Bruno DARMON

Quand la profession reconnait le lien entre infections bucco dentaire, les parodontopathies en l’occurrence, et maladies générales ou systémiques.

Si le sujet de la toxicité des dents dévitalisées est hautement tabou dans la profession, celle-ci s’intéresse néanmoins, comme vous allez pouvoir le constater, de plus en plus aux retentissements d’autres infections dentaires sur la santé générale comme le montre l’article mis à la fin du texte. Il s’agit des parodontopathies, traduisez des affections des gencives (tartre etc…) qui constituent des foyers infectieux qui affectent la santé. Des foyers infectieux qui sont la plupart du temps totalement indolores et sans symptômes locaux, si ce n’est une destruction osseuse visible à la radio bien souvent. Une destruction qui à terme aboutit à la perte de la dent concernée. La perte de dents par parodontopathies est d’ailleurs la première cause de perte de dents dès l’âge adulte, bien avant la carie. Evidemment ce sujet ne pose aucun problème à la profession car la cause de la parodontopathie n’est pas le dentiste, quoique les détartrages à ultrasons, les obturations débordantes et même les obturations à l’amalgame au mercure sont aussi une cause de parodontopathies mais bon c’est un autre sujet. Dans ce cas, le rôle du dentiste ne peut donc qu’être bienfaisant en soignant ces parodontopathies. Enfin ça aussi ça se discute parce que certains parodontologistes sont un peu trop adeptes du bistouri et des lambeaux de gencive, alors que des études montrent que bien souvent la curette suffit amplement. Toutefois, parler du rapport entre les parodontopathies et les maladies systémiques donne certaines lettres de noblesses à la profession dentaire. Une profession qui peut donc amener sa participation active à une affection médicale systémique en soignant les parodontopathies et non pas juste être vue comme une profession cantonnée au rôle de boucher des trous dans la bouche. Il n’y a donc aucun caractère culpabilisant à parler de ce sujet bien au contraire. Par contre pour les dents dévitalisées, où on trouve des germes bien plus toxiques que dans les parodontopathies à cause du caractère nécrotique du tissu infecté (la pulpe dentaire résiduelle que ne peut enlever le traitement endodontique), c’est le silence total car cette fois ci le sujet incrimine évidemment la profession.

Mais le fait que la profession reconnaisse le lien entre les affections parodontales et les affections générales fera comprendre au lecteur averti que d’une certaine façon indirecte, la profession reconnait le lien entre les dents dévitalisées et les affections générales. Le sujet étant encore un peu plus subtil certes car dans le cas de la dent dévitalisée il n’y a vraiment souvent aucun symptôme local d’infection, même pas celui de la perte d’os autour de la dent. Enfin, quand les dents sont bien dévitalisées car souvent il y a quand même des symptômes de petite destruction osseuse visible à la radio ainsi que parfois de petites douleurs, quand les dents ne sont pas bien dévitalisées. En outre, les spécialistes en endodontie (la science de la dévitalisation dentaire) pensent que les trois quarts des dents dévitalisées sont mal dévitalisées, surtout celles qui ne sont pas dévitalisées par des spécialistes de la dévitalisation bien entendu. On ne s’intéresse qu’à ce qui peut nous mettre en valeur, c’est bien connu…. Toutefois la profession reconnait donc indirectement que les trois quarts des dents dévitalisées sont susceptibles de donner des problèmes de santé à distance. C’est déjà ça et on s’en contentera pour l’instant même si je pense qu’en fait 100% des dents dévitalisées sont concernées et extrêmement toxiques, au moins potentiellement. Mais comment la profession pourrait-elle reconnaitre directement qu’elle pourrait, avec les dents dévitalisées, être très probablement la première cause des cancers et autres maladies graves de notre civilisation ? Mettez-vous à leur place, c’est quasiment impossible. Autant demander aux médecins de reconnaitre qu’en vaccinant , ils pourraient aussi avoir une certaine responsabilité dans l’apparition de maladies graves. Autant demander l’impossible. La profession dentaire préfère plutôt persécuter les dentistes qui osent guérir des malades en enlevant leurs dents dévitalisées. Pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu’ils font disait le Maitre….

Dr Bruno Darmon.

L’article du lien entre maladies parodontales et maladies générales se trouve à l’adresse suivante.

http://www.dentisfuturis.com/modules/news/article.php?storyid=1009

Voici article au cas où il disparaitrait.

PARODONTOLOGIE : Implication des parodontites dans les maladies systémiques

Posté par dentisfuturis le 13/9/2009 19:48:44 (26 lectures)

80% des adultes entre 35 et 44 ans souffrent de maladies parodontales d’après l’enquête réalisée par l’ADF sous l’égide de l’OMS. Beaucoup estiment à tort cette situation inéluctable et se résignent à porter vers 60 ans un dentier, comme leurs parents. Mais cela ne s’arrête pas là. Le “déchaussement” des dents n’est pas la seule conséquence des maladies parodontales. Des études récentes dont une revue a été faite par Jean Noel Vergnes, Delphine Maret et Michel Sixou dans le journal Dentoscope du 21 Octobre 2008 ont montré l’implication de la maladie parodontale dans plusieurs pathologies générales.

Accouchements prématurés
Une multitude d’études ont montré une association entre la parodontite et le risque d’accouchement prématuré [1]. En revanche, le seul essai clinique d’envergure dans cette thématique ne semble pas indiquer qu’un traitement parodontal puisse diminuer le risque d’accoucher prématurément, toute cause de prématurité confondue [2]. De multiples mécanismes physiopathologiques pouvant être impliqués dans la survenue d’accouchement prématuré, les recherches actuelles s’orientent vers le rôle de la parodontite sur certains de ces mécanismes. Certaines causes d’accouchements prématurés pourraient être liées à l’inflammation chronique du tissu parodontal.

Maladies cardio-vasculaires
De nombreuses études épidémiologiques ont montré une association entre la parodontite et la survenue d’événements cardio-vasculaires [3]. Seul un essai clinique randomisé pourrait évaluer la causalité d’une telle association. Mais pour des raisons méthodologiques et logistiques, il est extrêmement difficile de mettre en place un essai clinique évaluant la diminution d’événements cardio-vasculaires chez des patients dont la parodontite a été traitée. Aujourd’hui, on ne peut pas affirmer que le traitement parodontal réduit le risque d’événement cardio-vasculaire. En revanche, on peut déclarer qu’un individu souffrant de parodontite est plus à même de développer dans le futur un événement cardio-vasculaire

Polyarthrite rhumatoïde
La parodontite et l’atteinte articulaire de la polyarthrite rhumatoïde partagent certaines similitudes histo-pathologiques. Un essai clinique randomisé pilote évoque une diminution significative de la sévérité de la polyarthrite rhumatoïde chez les sujets dont la parodontite a été traitée [4]. Toutefois, les modalités précises de prise en charge de la parodontite chez les patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde restent encore totalement à définir à ce jour.

Pneumonie
Des études récentes ont montré une association entre la parodontite et la survenue de pneumonie ou de pathologie pulmonaire obs-tructive chronique. Cette association concerne essentiellement les sujets hospitalisés et à haut risque (patients âgés hospitalisés en soin intensif). Il semble que l’amélioration de la santé bucco-dentaire chez ces sujets diminue le risque d’apparition ou la sévérité de la progression des pathologies pulmonaires [5, 6].

Toute pathologie systémique potentiellement entretenue ou aggravée par un foyer d’infection chronique peut être liée à la parodontite. En effet, toute infection chronique est une source de médiateurs de l’inflammation, de produits de dégradation bactériens, voire de bactéries à l’état vivant. Ces éléments peuvent être relargués dans la circulation systémique et causer des désordres à distance.
Des hypothèses récentes évoquent l’effet à distance de la parodontite sur des pathologies multi-factorielles telles que l’ostéoporose [7], l’obésité [8] ou encore la maladie d’Alzheimer [9].
Les premières études d’observation montrent en effet une tendance à de telles associations, mais des études prospectives sont nécessaires afin de mieux comprendre la nature de ces liens. Il est fort probable que toutes ces relations à distance s’effectuent au travers de mécanismes physiopatholo-giques semblables.
Ainsi, la recherche fondamentale est actuellement un complément indispensable à la recherche épidémiologique.
Ajoutons que le traitement parodontal pourrait améliorer significativement la qualité de vie des patients qui en bénéficient [10]. Cette dernière affirmation confirme encore un peu plus que les enjeux de la décontamination parodontale dépassent la seule sphère buccale…

1 Vergnes J-N, Sixou M. Preterm low birth weight and maternal periodontal status: A meta-analysis. Am J Obstet Gynecol 2007;196:135.e1-135.e7.
1 DA, Matseoane S, Tschida PA (2006) OPT Study. Treatment of periodontal disease and the risk of preterm birth. N Engl J. Med 355 (885– 894)
1 The prevalence and incidence of coronary heart disease is significantly increased in periodontitis: A meta-analysis Export
by: A. A. Bahekar, S. Singh, S. Saha, J. Molnar, R. Arora
American Heart Journal, Vol. 154, No. 5. (2007), pp. 830-837.
4 Control of periodontal infection reduces the severity of active rheumatoid arthritis. Al-Katma MK, Bissada NF, Bordeaux JM, Sue J, Askari AD
5 Infect Control Hosp Epidemiol. 2008 Feb;29(2):131-6.
Infect Control Hosp Epidemiol. 2009 Jan;30(1):101-2; author reply 102-3.
Randomized controlled trial and meta-analysis of oral decontamination with 2% chlorhexidine solution for the prevention of ventilator-associated pneumonia.
6 Azarpazhooh A. Leake JL, « Systematic review of the association between respiratory diseases and oral health » ; J. PeriodontoL. 2006 Sep ; 77(9) : U65-82
7/ Gomes-Filho IS. Passos Jde S, Cruz SS, Vianna Ml, Cerqueira Ede M, Oliveira DC, dos Santos CA, Coelho JM, Sampaio FP. Freitas CO de Oliveira NF, « The association between postmenopausal osteoporosis and periodonta disease » ; J. Periodontol., 2007 Sep ; 7819) : 1731-40
8/ D’Aiuto F, Sabbah W, Netuveli G, Donos N, Hingorani AD, Deanfield J, Tsakos G, « Association of the metabolic synd with severe periodontitis in a large US. population-based survey », J. Clin. Endocrw Metab. 2008 Aug 5. [Epub ahead of :
9/ Kamer AR, Craig RG, Dasanayake Ap, Brys M, Glodzik-Sobanska L, de Léon MJ. « Inflammation and Alzheimer’s disease possible rôle of periodontal diseases ». Alzheimers Dément. 2008 Jul ; iUl : 2A2-50 Epub 2007 Dec 21
10/Inflammation and Alzheimer’s disease: Possible role of periodontal diseases
Angela R. Kamera, Ronald G. Craigab, Ananda P. Dasanayakec, Miroslaw Brysd, Lidia Glodzik-Sobanskad, Mony J. de Leonde

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